Le principe, et ce qu'il ne recouvre pas
Un drain périphérique intercepte l'eau qui circule dans le sol autour d'une construction et la conduit, par gravité, vers un point de rejet.
Il fait cela, et rien d'autre. Il ne traite ni le ruissellement de surface, qui relève de la pente, ni les remontées capillaires dans les maçonneries, qui relèvent de l'étanchéité.
Quand il est utile
- Quand il y a un sous-sol, un vide sanitaire ou un mur enterré.
- Quand le terrain est en pente et que la maison se trouve en aval.
- Quand une venue d'eau apparaît dans les fouilles à une profondeur constante.
- Quand une zone reste détrempée plusieurs jours après une pluie, alors que le reste a ressuyé.
Quand il ne sert à rien
Sur une maison de plain-pied posée sur un terrain plat correctement réglé en pentes, un drain n'apporte souvent rien qu'un bon nivellement n'apporte déjà. Le poser « par précaution » est une dépense, et sur argile ce n'est même pas une dépense neutre.
La distinction entre les trois eaux, et comment savoir laquelle vous concerne, est développée dans notre guide sur le drainage d'un terrain à Toulouse.
La mise en œuvre, étape par étape
Chaque étape a une raison d'être, et chacune est régulièrement escamotée.
1. Le niveau de pose
Au niveau de la base de la semelle de fondation. Jamais au-dessus : le drain laisserait l'eau baigner la fondation et ne capterait que ce qui est déjà passé. Jamais dessous non plus : on risquerait de déchausser l'appui.
2. La pente
Le drain est un ouvrage gravitaire. Il lui faut une pente régulière et continue vers l'exutoire, contrôlée au niveau et non à l'œil. Un drain posé à plat est un réservoir enterré, et il finit par relarguer son eau exactement là où on ne veut pas.
3. Le lit de pose
Un lit de gravier lavé, dressé à la pente. Le gravier doit être lavé : chargé de fines, il se colmate en quelques saisons.
4. La conduite
Une conduite annelée perforée, perforations vers le bas ou latérales selon le produit. C'est le gravier qui draine ; la conduite ne fait que collecter et conduire.
5. L'enrobage
Le drain est enrobé de gravier lavé sur une épaisseur suffisante, de façon à constituer un véritable massif drainant et non une simple garniture.
6. Le géotextile
Il enveloppe l'ensemble du massif de gravier, pas la conduite seule. C'est lui qui empêche les fines du sol de migrer dans le gravier et de le transformer en bouchon.
7. Les regards et l'exutoire
Un regard de visite à chaque angle du bâtiment, un regard de collecte avant le rejet, et un exutoire réel : fossé, réseau pluvial autorisé, zone d'infiltration si le sol le permet, ou puisard avec pompe quand aucune solution gravitaire n'existe.
Un mur enterré humide, une zone détrempée ? Nous venons diagnostiquer avant de proposer un ouvrage.
FAIRE DIAGNOSTIQUER
Les trois erreurs qui reviennent
1. Le géotextile en chaussette sur le tuyau
C'est l'erreur technique la plus répandue, et elle est logique en apparence : on protège le tuyau. Sauf qu'une chaussette offre une surface filtrante minuscule, se colmate d'autant plus vite, et sur sol argileux se bouche en quelques saisons.
Le géotextile doit envelopper tout le volume de gravier. La surface filtrante est alors dix fois supérieure, et le massif drainant conserve sa fonction.
2. La pente insuffisante ou irrégulière
Un drain posé « à peu près à niveau » ne conduit rien. L'eau y stagne, les fines s'y déposent, et l'ouvrage se colmate par l'intérieur. La pente se contrôle sur toute la longueur, pas seulement aux extrémités.
3. L'absence d'exutoire
C'est l'erreur qui annule tout le reste. Un drain qui aboutit à un puits perdu creusé dans l'argile ne perd rien : il se remplit, déborde, et concentre l'eau au pied de la maison. On a payé pour aggraver la situation.
Sur nos sols, la question de l'exutoire se règle avant de creuser, pas après. Si aucune solution gravitaire n'existe et qu'aucun rejet n'est autorisé, il faut le savoir : un puisard avec relevage est une réponse, l'espérance n'en est pas une.
Le point le plus mal compris : les eaux de toiture
Brancher les descentes de gouttière sur le drain périphérique est fréquent, et c'est une faute.
Le drain est dimensionné pour un débit faible et continu, celui que le sol lui livre goutte à goutte. Une descente de gouttière lui envoie plusieurs mètres cubes en quelques minutes lors d'un orage.
Le résultat est immédiat : le drain se met en charge, l'eau ressort par les perforations, et l'ouvrage censé assécher le pied de la maison l'arrose.
| Drain périphérique | Eaux pluviales | |
|---|---|---|
| Ce qu'il collecte | L'eau d'infiltration du sol | L'eau des toitures et des surfaces |
| Débit | Faible et continu | Nul, puis brutal |
| Type de conduite | Perforée, enrobée de gravier | Étanche |
| Destination | Exutoire gravitaire ou puisard | Infiltration, rétention ou rejet autorisé |
Les deux réseaux se posent souvent dans la même tranchée, à des niveaux différents. Ils ne se raccordent jamais l'un à l'autre.
Le cas particulier des sols argileux
Sur les argiles de la région, deux points changent tout.
L'exutoire ne peut pas être une infiltration
Un puits perdu creusé dans l'argile ne perd rien. Il faut un fossé, un réseau autorisé, ou un relevage.
Le drainage doit être continu
C'est la règle la plus importante et la plus souvent ignorée. Sur argile, ce qui fissure une maison n'est ni l'humidité ni la sécheresse, mais la différence entre les deux d'un point à l'autre du bâtiment.
Un drain posé sur une seule façade — celle qui semblait poser problème — assèche ce côté-là pendant que l'autre reste humide. Il fabrique un tassement différentiel.
Le remblai doit rester perméable
Remblayer une tranchée de drainage avec l'argile qu'on vient d'en sortir revient à poser un couvercle étanche sur l'ouvrage qu'on vient de payer. Le remblai se fait avec un matériau qui laisse passer l'eau jusqu'au drain.
Pourquoi l'homogénéité prime sur tout le reste sur ces sols est expliqué dans notre article sur le retrait-gonflement des argiles.
Drainer une maison existante
C'est plus délicat qu'en construction neuve, et cela se fait couramment.
On ouvre au pied des fondations existantes, par tronçons, en veillant à ne pas déchausser l'appui, et en composant avec ce qui est déjà en place : terrasse, allée, plantations, réseaux enterrés non déclarés.
L'occasion à ne pas manquer
Le chantier est aussi le bon moment pour reprendre le rejet des gouttières, qui est très souvent la cause réelle du problème. Ouvrir une tranchée périphérique pour poser un drain sans en profiter pour poser le réseau pluvial étanche serait absurde.
Ce qu'il faut photographier
La tranchée ouverte, gravier et géotextile visibles, avec un mètre pour l'échelle et les distances aux murs notées. Dans dix ans, ces photos diront exactement ce qui a été fait et où — et elles serviront à celui qui devra intervenir.
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DEMANDER MON DEVISQuestions fréquentes
À quoi sert un drainage périphérique ?
À intercepter l'eau qui circule dans le sol autour d'une construction et à la conduire par gravité vers un point de rejet. Il fait cela et rien d'autre : il ne traite ni le ruissellement de surface, qui relève de la pente, ni les remontées capillaires dans les maçonneries, qui relèvent de l'étanchéité.
Toutes les maisons ont-elles besoin d'un drain ?
Non, et c'est une idée reçue coûteuse. Il s'impose quand il y a un sous-sol, un vide sanitaire ou un mur enterré, quand le terrain est en pente et que la maison est en aval, ou quand une venue d'eau apparaît à profondeur constante. Sur une maison de plain-pied sur terrain plat bien réglé en pentes, il n'apporte souvent rien de plus qu'un bon nivellement.
À quelle profondeur pose-t-on le drain ?
Au niveau de la base de la semelle de fondation. Jamais au-dessus, sinon il laisse l'eau baigner la fondation et ne capte que ce qui est déjà passé. Jamais dessous non plus, au risque de déchausser l'appui. Il lui faut ensuite une pente régulière et continue vers l'exutoire, contrôlée au niveau et non à l'œil.
Où faut-il placer le géotextile ?
Autour de tout le volume de gravier, pas autour du tuyau. La chaussette posée directement sur la conduite est l'erreur la plus répandue : elle offre une surface filtrante minuscule, se colmate d'autant plus vite, et sur sol argileux se bouche en quelques saisons. Enveloppé sur le massif, le géotextile offre dix fois plus de surface.
Peut-on brancher les gouttières sur le drain ?
Jamais. Le drain est dimensionné pour un débit faible et continu ; une descente de gouttière lui envoie plusieurs mètres cubes en quelques minutes. Il se met en charge, l'eau ressort par les perforations, et l'ouvrage censé assécher le pied de la maison l'arrose. Les deux réseaux peuvent partager la tranchée, jamais la conduite.
Où évacuer l'eau du drain ?
Fossé, réseau pluvial lorsque le rejet est autorisé, zone d'infiltration si le sol le permet réellement, ou puisard équipé d'une pompe. Sur argile, l'infiltration est illusoire : un puits perdu creusé dans de l'argile se remplit, déborde, et concentre l'eau au pied de la maison. La question de l'exutoire se règle avant de creuser.
Faut-il des regards de visite ?
Oui, un à chaque angle du bâtiment et un de collecte avant le rejet. Sans eux, l'ouvrage est incontrôlable et incurable : on ne peut ni vérifier qu'il fonctionne, ni le curer quand il se charge, et il faut le rouvrir sur toute sa longueur. C'est un poste modeste au devis et déterminant dans le temps.
Un drain sur une seule façade suffit-il ?
Sur sol argileux, c'est précisément ce qu'il ne faut pas faire. Drainer un seul côté assèche localement pendant que l'autre reste humide, ce qui fabrique le tassement différentiel qui fissure. Sur ces sols, ce n'est ni l'humidité ni la sécheresse qui posent problème, mais la différence entre les deux d'un point à l'autre du bâtiment.
Avec quoi remblayer la tranchée ?
Avec un matériau perméable, jamais avec l'argile qu'on vient d'en sortir. Remblayer un drain avec la terre extraite revient à poser un couvercle étanche sur l'ouvrage qu'on vient de payer : l'eau du sol n'y accède plus, et le drain ne draine plus rien.
Peut-on drainer une maison déjà construite ?
Oui, et cela se fait couramment. C'est plus délicat qu'en neuf : on ouvre au pied des fondations par tronçons sans déchausser l'appui, en composant avec la terrasse, l'allée, les plantations et les réseaux non déclarés. C'est aussi l'occasion de reprendre le rejet des gouttières, qui est très souvent la cause réelle du problème.